lundi 20 juillet 2026

Et voilà que j’arrive.

À vingt ans, j’avais des certitudes.
Des certitudes magnifiques.
Solides.
Inébranlables.
Elles changeaient tous les trois jours, mais elles étaient inébranlables.
Je savais ce que je voulais, surtout quand je changeais d’avis.
Je savais qui j’étais, à condition que personne ne me pose la question.
Et je pensais qu’à quarante ans, les choses seraient réglées, que j'aurais une réponse claire à cette  affreuse question : "Qu’est-ce que je vais bien pouvoir manger ce soir ?!"
Eh bien non.
Mais j’ai appris autre chose.
J’ai appris que les gens qui vous apprécie vraiment ne vous demandent pas de devenir plus petite pour tenir dans leur vie.
Et surtout, j’ai appris à rentrer chez moi.
À vingt ans, quand une soirée était mauvaise, je restais par politesse, surtout par peur de rater un truc ou encore de me faire remplacer.
À quarante ans, je pars par intelligence. Je dis : "C’était très bien.
Même quand ce n’était pas très bien.
Puis je rentre et je retrouve mon canapé avec l’émotion d’un marin qui revoit le port de Marseille après six mois de tempête.
Et puis je ne me sens pas vieille.
Je ne me sens pas jeune non plus.
Je me sens moi.
Il m’a fallu quarante ans (ou presque) pour arriver à cette conclusion, alors qu'on me permette d’en profiter cinq minutes.

Je suis vivante.

À vrai dire, j’ai attendu cet âge toute ma vie. Je l’ai attendu sans le savoir.
J’attendais de me rencontrer.
Et voilà que j’arrive...

Ça m'émeut cette connerie quand j'y pense.







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